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Lire le marché

Chapitre 01

La narrative

Déterminer où le prix cherche à aller avant de chercher une entrée.

15 min de lecture

La seule question qui compte avant d'entrer

Un débutant ouvre son graphique et cherche un signal d'entrée. C'est l'ordre inverse du bon. La première question n'est pas où est-ce que j'entre, mais où le prix cherche-t-il à aller.

Cette destination porte un nom dans la méthode : le draw on liquidity, l'attraction vers la liquidité. Tant qu'elle n'est pas identifiée, tous les setups du monde ne valent rien, parce qu'un même dessin se joue dans un sens ou dans l'autre selon la direction générale.

Où se trouve la liquidité

La liquidité, ce sont les ordres en attente. Ils ne sont pas répartis au hasard : ils s'empilent aux endroits que tout le monde regarde. Sous un creux évident, il y a des ordres de vente. Au-dessus d'un sommet évident, il y a des ordres d'achat.

Un niveau que tout le monde voit est un niveau où tout le monde a mis son stop
BSLSSL
BSLBuy-side liquidity : les ordres d'achat en attente au-dessus des sommets. Stops des vendeurs et cassures achetées.
SSLSell-side liquidity : la même chose sous les creux, en ordres de vente.
Deux sommets au même prix ne forment pas une résistance solide : ils forment une réserve d'ordres, et le prix a une raison mécanique d'aller la chercher.

Cela renverse un réflexe très répandu. On apprend souvent qu'un double sommet est une résistance solide qui va faire redescendre le prix. Dans cette lecture, c'est l'inverse : un double sommet est une réserve d'ordres bien visible, donc une destination probable.

Le piège à particuliers

Le marché ne se contente pas d'aller vers la liquidité : il fabrique activement les conditions pour que des ordres s'accumulent là où il veut passer.

Le piège à liquidité, en trois temps
SSL

1. Le niveau devient évident

Le prix laisse un creux net, puis remonte. Ce creux est maintenant visible sur tous les écrans. Dessous s'empilent les stops de ceux qui sont acheteurs et les ordres de ceux qui attendent la cassure pour vendre. Personne n'a encore rien fait de stupide : le niveau est réellement important.

Le point important est la séquence. Le balayage seul ne prouve rien ; une cassure suivie d'un vrai mouvement dans le même sens est simplement une cassure. Ce qui signe le piège, c'est le retour rapide au-dessus du niveau cassé, sans suite.

L'inducement

Le piège décrit une ambiance générale : le marché piège. L'inducement, lui, est un objet précis, avec une place fixe dans une séquence. C'est le concept le plus important du cours, et aussi le plus souvent mal compris.

Beaucoup de définitions se contentent de dire qu'un niveau évident se fait balayer avant que le mouvement parte. C'est trop large : formulé ainsi, on trouve des inducements partout, donc ils ne servent à rien. Ici la définition est stricte.

L'inducement et le Protected Low, dans l'ordre
OB

1. L'order block est marqué

Un order block, c'est une bougie entière : sa mèche et son corps. La zone se trace d'une extrémité à l'autre, avec son 50 % en pointillé. Le prix arrive dessus, et à ce stade il n'y a rien à faire : toucher une zone ne prouve rien.

Tout tient dans l'ordre des quatre temps : la zone, le premier contact qui s'arrête avant le 50 %, le balayage de ce low, puis le départ depuis le Protected Low. S'il en manque un, la séquence est incomplète, et une séquence incomplète n'est pas un signal.

Côté vente : la même séquence, dans deux zones emboîtées
OB 1HOB 15'ESLInducementProtected HighSWEEP
OB 1HLa zone large, repérée en 1 heure. Elle dit où regarder.
OB 15'La zone affinée, à l'intérieur. C'est son 50 % qui compte.
INDUCEMENTLe high du premier contact, qui n'atteint pas le 50 % de l'OB 15'.
PROTECTED HIGHLe high créé par le balayage. On vend pour s'en éloigner, stop juste au-dessus.
C'est le schéma de l'achat, retourné. Tout s'inverse sauf la logique : un premier contact qui s'arrête avant le 50 %, un balayage, et un extrême qu'on suppose protégé.

À la vente, seuls les mots changent : le premier contact laisse un high, son balayage crée le Protected High, et le stop se pose au-dessus. L'exemple est dessiné dans deux zones emboîtées, un order block 1 heure et un order block 15 minutes à l'intérieur, parce que c'est ainsi que la séquence se présente le plus souvent.

La même zone, quittée sans inducement
OBsortie sans péageet retour
OBLa même zone que dans le schéma précédent, testée de la même façon.
sortieLe prix quitte bien la zone par le haut. Mais aucun premier contact n'a laissé de low, rien n'a été balayé, et il n'y a donc pas de Protected Low pour tenir la sortie.
Les deux schémas ont la même zone et la même sortie. Un seul a payé un péage avant de sortir, et c'est la seule différence qui compte.

Ce contre-exemple est le plus utile du chapitre. Les deux dessins commencent pareil et sortent pareil, par le haut. Le premier a pris quelque chose avant de sortir, le second non, et c'est tout ce qui les sépare. Apprendre à voir cette différence-là est le véritable objet du cours.

La SMT : quand NQ et ES ne sont pas d'accord

Le NQ ne se lit pas seul. Il a un voisin, l'ES, le contrat à terme sur le S&P 500, qui bouge presque toujours dans le même sens. Presque : les moments où ils se séparent sont justement ceux qui intéressent.

Deux indices, un même niveau, deux réponses différentes
plus basNQ
creux plus hautES
NQLe Nasdaq 100 balaie son creux précédent : il fait un plus bas.
ESLe S&P 500, au même moment, n'y arrive pas : son creux reste plus haut.
Deux indices qui bougent d'habitude ensemble, et qui au même moment ne racontent pas la même histoire : c'est l'incohérence que signale la SMT.

C'est ce que la méthode appelle une SMT : une divergence entre deux marchés corrélés. L'un balaie un creux, l'autre refuse de le faire. Le marché n'est plus cohérent, et cette incohérence est une information.

Liquidité interne et liquidité externe

Toutes les liquidités ne servent pas à la même chose, et c'est ce qui déterminera vos objectifs de sortie au chapitre 04.

Deux liquidités, deux usages
EXTEXTINTERNE
externeLes extrêmes de la semaine ou de la veille. C'est la destination : on y vise ses sorties.
interneLes petits creux et sommets à l'intérieur du mouvement. C'est le carburant : le prix les ramasse en chemin.
Confondre les deux coûte cher dans les deux sens : viser une liquidité externe sur un trade de rebond, ou sortir sur une liquidité interne quand on est dans le sens de la tendance.

La liquidité externe est une destination : les extrêmes de la veille et de la semaine. La liquidité interne est du carburant : les petits creux et sommets que le prix ramasse en chemin, et qui servent de sortie raisonnable quand on trade à contre-courant.

Fixer le biais de la journée

Le biais journalier ne se décide pas à l'humeur. Il se déduit de la réaction du prix après la prise d'un niveau de liquidité important en unité de temps supérieure.

La question du matin : lequel des deux le prix va-t-il chercher
PWHPWLdraw
PWHLe plus haut de la semaine précédente. Une réserve de liquidité acheteuse.
PWLLe plus bas de la semaine précédente. Une réserve de liquidité vendeuse.
drawCelui des deux vers lequel le prix est attiré. C'est la seule décision directionnelle de la journée.
Tant que vous n'avez pas répondu à cette question, aucun setup n'est valide, même parfaitement dessiné. Un setup sans direction est une pièce lancée en l'air.

La lecture tient en deux temps, dans cet ordre :

  • Quel niveau important a été pris récemment ? Le plus haut de la semaine passée, le plus bas de la veille, un extrême de session.
  • Comment le prix a-t-il réagi juste après ? S'il repart franchement dans l'autre sens, le niveau a été balayé et le draw est de l'autre côté. S'il continue, la liquidité suivante dans le même sens devient la cible.